Place des rêves publics

Le laboratoire du temps qui passe


En 2020 Hervé Mazurel, historien et Elizabeth Serin, psychanalyste montent une cueillette de rêves de confins durant la pandémie de Covid 19, qui annoncera la naissance du laboratoire du temps qui passe, séminaire de dialogue entre psychanalyse, histoire et sciences sociales aujourd'hui animé par Raphaël Gallien et Yann Potin, historiens et Elizabeth Serin. Cette collecte incarne le désir de questionner l'intrication du psychique au social historique, en poussant l'expérience du laboratoire du temps qui passe à la dimension de la praxis et en l'inscrivant dans la lignée du travail de Charlotte Beradt: Rêver sous le IIIème Reich.


Le collectif Faire lieux

De nos rencontres est né le collectif Faire lieux qui réunit psychanalystes, chercheurs en sciences sociales, architectes et artistes qui travaillent ensemble à l'intersection de leurs disciplines. Leur lieu de rencontre est la question de l'accueil, de l'écoute, de l'attention portée à ce qui circule et qui construit le moment pour l'habiter. Le collectif travaille à l'invention d'agencements qui ouvrent des espaces autres, potentiels, sans à priori quant aux effets cliniques d'une telle ouverture, mais soutenant le vif désir que ces dispositifs contribuent à de nouveaux modes d'amarrage dans la rencontre. Faire avec les uns et pas sans les autres. Nomade et portatif, le collectif s'adresse à la cité, à la rue ainsi qu'à des institutions et établissements curieux d'une telle recherche et qui espèrent réouvrir la question de ce qui fait accueil. En 2025, le collectif a travaillé à un ouvroir des possibles en collaboration avec le club thérapeutique du Bouffadou (Paris XXème), son Président: Bruno Vincent et les historiens Quentin Deluermoz et Pierre Singaravelou.


Place des rêves publics

Faire lieux est devenu en 2026 une association qui porte ces projets, dont « Places des rêves publics » qui démarre cette année. Dans le contexte des élections présidentielles à venir, cette nouvelle cueillette de rêves se déroulera sur toute l'année 2027. Elle se fera sur les places et dans les espaces publics, urbains et ruraux, afin que les rêves et la poésie descendent dans les rues, que leurs récits s'y échangent et que la parole - circulant ainsi - réveille leur présence. Ce sera l'occasion de continuer à inscrire les rêves dans une dynamique collective et de saisir ce qu'ils disent des imaginaires collectifs dans une période politiquement tendue, hantée par la question de la haine de l'autre et l'obsession de la frontière, l'objectalisation du vivant et les crises humaines, sociales et climatiques que ces mêmes politiques précipitent.


Organisation de la cueillette

Cette cueillette itinérante se dispersera de places publiques en marchés de villages, sur tout le pays dans une sorte de dérive psychogéographique et en association avec la radio la Colifata. Elle se déploiera également dans quelques lieux culturels parisiens dont le théâtre de la Cité Universitaire Internationale où elle démarrera le 7 novembre 2026. Elle fera ensuite halte notamment à la Cité Maraichère de Romainville (décembre), dans le bar du Chair de poule - Paris XI (janvier), à la librairie du Nouvel Equipage - Paris XX (mars), puis repassera par le Théâtre de la Cité Universitaire Internationale (mai/juin).

Une adresse mail est également à disposition pour recevoir les rêves (anonymes ou nominatifs). A l'adresse suivante : placedesrevespublics@gmail.com

Ainsi qu'une ligne téléphonique : la ligne des rêves où déposer ses récits au 07.46.22.43.52, dès le 7 novembre.


Recherche création

L'espace public, les lieux de passage, les espaces d'accueil et de rencontre, les scènes artistiques deviennent autant de milieux où les récits de rêves peuvent circuler, se transformer et faire entendre leur portée collective, interrogant la frontière entre témoignage, fiction et mémoire collective. Car cette cueillette contribue d'une recherche autour de la question de l'inconscient dans son époque et des manières de l'habiter ainsi que de ses liens au politique, entre mélancolie d'un monde perdu et hétérotopie des mondes à venir. Les rêves apparaissent comme des sismographes, des indicateurs sensibles des tensions d'une époque, révélant, sous des formes détournées et poétiques, les lignes de force qui traversent le présent. L'approche croisée entre psychanalyse, sciences sociales, architectures, géographies et pratiques artistiques, les prismes et perspectives plurielles apparaissent comme la condition d'émergence d'une nouvelle métapsychologie et de ses praxis.

Une métapsychologie attentive aux dimensions et aux formes collectives de l'expérience psychique qui déplace ou replace l'inconscient dans le monde, ouvrant ainsi à la beauté de la rencontre d'une machine à coudre et d'un parapluie sur une table de dissection, à la rencontre inattendue entre réel, rêve et politique. Les formes de création et de restitution, ainsi que les publications chercheront à rendre sensibles ces circulations entre intime et politique, entre rêve, inconscient et espace public. Faire place aux rêves ici, c'est faire place à de nouvelles manières d'habiter le présent.


Collaboration avec le Théâtre de la Cité Universitaire Internationale

Samedi 7 novembre 14-18h au Théâtre de la Cité Universitaire Internationale: séance publique du Laboratoire du temps qui passe autour de Rêver un lieu – rêver un lien. Après midi qui accueillera le démarrage de la cueillette de rêves de "Place des rêves publics".

 « Rêver un lieu, rêver un lien ». Car rêver un lieu, c'est aussi rêver les liens qui peuvent s'y inventer et questionner l'habitabilité qu'ils permettent encore dans un temps où les enjeux humains et écologiques annoncent un point de bascule mondial. Le théâtre se présente comme un territoire à investir qui fait accueil et hospitalité pour réveiller nos imaginaires et la séance de séminaire se déroulera conjointement à la diffusion en continu pendant toute la durée de l'évènement d'un film réalisé par Jean Marc Dupuy construit d'images comme autant de coeurs palpitants de rêves et de paysages oniriques. Par ailleurs, pendant l'évènement, Faire lieux et la radio la Colifata lanceront la cueillette de rêves afin de recueillir ce qu'ils nous disent de l'époque : ses inquiétudes, ses désirs, ses cauchemars, mais aussi les lieux et les liens qu'ils inventent pour demain. Cette collection poétique et sociale sur notre époque et ses imaginaires constituera une archive dont les formes de restitution débuteront au Printemps 2027 montées par Alexis Armengol et à inventer avec le théâtre. Le 7 novembre, le séminaire du Laboratoire du temps qui passe sera retransmis en direct sur Radio La Colifata France. 

Par ailleurs un dispositif d'accueil radiophonique fera circuler des éléments du séminaire et accueillera paroles, sons, musiques, silences, corps et rencontres spontanées. L'idée n'est pas uniquement de recueillir des témoignages mais de mettre en circulation ce qui surgit. Cela produira des intermèdes de poésie onirique qui viendront rythmer les prises de parole des intervenants du séminaire. Une partie du collectif pourra également aller à la rencontre des étudiants dans les espaces de circulation de la Cité Universitaire, à travers des questions, des conversations et une collecte de rêves, sans attendre nécessairement qu'ils viennent jusqu'au au théâtre. Ces espaces et ces ambiances seront pensés comme des territoires poreux, capables de se relier et de se répondre. 


Le collectif est un collectif ouvert dont les membres actuels sont:

Frédéric Amérigo, psychanalyste, Elise Andreux, infirmière dans le centre de jour de l'Adamant, Alexis Armengol, psychologue clinicien, auteur et metteur en scène, Sarah Calcine, actrice et metteuse en scène, Camille Chamois, philosophe, Victor Costa, psychologue clinicien, Joséfina de Beauroyre, architecte, Eric de Thoisy, Architecte et auteur, Jean Marc Dupuy, psychanalyste et plasticien, Marcelo Figueroa Nunez, psychologue et doctorant en philosophie, Raphaël Gallien, historien, Christophe Gougeon, producteur de films, Patricia Janody, psychanalyste, Adrien Le Bot, architecte, artiste et auteur, Hervé Mazurel, historien, Pierre François Mouraud, philosophe, traducteur et psychologue clinicien, Hessam Noghrehchi, psychanalyste, écrivain et philosophe, Alfredo Oliveira, psychologue clinicien, et l'équipe de la Radio La Colifata, Florian Opillard, chercheur en géographie, Elise Pestre, psychanalyste, Professeure à l'Université Paris Cité, Elizabeth Serin, psychanalyste et plasticienne, Olivier Tarragano, psychiatre, psychanalyste et psychodramatiste, Arnaud Vallet, cofondateur du lieu d'accueil et de soin de l'Adamant, Sophie Wahnich, historienne, Laure Wolmark, psychologue clinicienne.


Contact: Elizabeth Serin: lizabird@gmail.com

Crédit image: Jean Marc Dupuy