
avec le Théâtre de la Cité Universitaire Internationale
L'association Faire lieux lance une cueillette de rêves : Place des rêves publics. Il s'agit d'interroger cette expérience subjective dans ses dimension poétique et sociale lors d'une cueillette itinérante qui s'étendra sur toute l'année 2027. Elle constituera un témoignage de ce que ces récits nous disent du climat ambiant, des transformations sensibles et politiques de l'époque dans la période électorale qui s'annonce.
Rendez-vous samedi 7 novembre 2026 de 14 à 18h pour le lancement de la cueillette de rêves au Théâtre de la Cité Universitaire Internationale dans le cadre d'une séance du Laboratoire du temps qui passe
Le thème de la rencontre sera Rêver un lieu, rêver un lien. Car rêver un lieu, c'est aussi rêver les liens qui peuvent s'y inventer et questionner l'habitabilité qu'ils permettent encore dans un temps où les enjeux humains et écologiques annoncent un point de bascule mondial. Le théâtre se présente comme un territoire à investir qui fait accueil et hospitalité pour réveiller nos imaginaires et la séance de séminaire se déroulera conjointement à la diffusion en continu d'un film réalisé par Jean Marc Dupuy. Film construit d'images comme autant de coeurs palpitants de rêves et de paysages oniriques. Par ailleurs, pendant l'évènement, Faire lieux et la radio la Colifata lanceront la cueillette de rêves afin de recueillir ce qu'ils nous disent de l'époque : ses inquiétudes, ses désirs, ses cauchemars, mais aussi les lieux et les liens qu'ils inventent pour demain. Cette collection poétique et sociale sur notre époque et ses imaginaires constituera une archive poétique dont les formes de restitution débuteront au Printemps 2027 montées par Alexis Armengol et à inventer avec le théâtre.
Le séminaire du laboratoire du temps qui passe du 7 novembre sera retransmis en direct sur Radio La Colifata France. Par ailleurs un dispositif d'accueil radiophonique fera circuler des éléments du séminaire et accueillera paroles, sons, musiques, silences, corps et rencontres spontanées. L'idée n'est pas uniquement de recueillir des témoignages mais de mettre en circulation ce qui surgit. Cela produira des intermèdes de poésie onirique qui viendront rythmer les prises de parole des intervenants du séminaire. Une partie de notre équipe pourra également aller à la rencontre des étudiants dans les espaces de circulation de la Cité Universitaire, à travers des questions, des conversations et une collecte de rêves, sans attendre nécessairement qu'ils viennent jusqu'au au théâtre. Ces espaces et ces ambiances seront pensés comme des territoires poreux, capables de se relier et de se répondre.
Argument de la séance du Laboratoire du temps qui passe - Rêver un lieu – rêver un lien
Le lieu n'est pas un simple espace qui nous devance ou nous préexiste. Il est ce que nous en faisons, par nos usages et nos pratiques. Les circulations, les volumes, les ouvertures, les perspectives et les rencontres qui les construisent en sont le cœur. Mais avec la crise de l'habitabilité qui s'accélère, autant socialement, politiquement qu'écologiquement, ces maisons en feu et ces lieux en crise interrogent les horizons du vivant et les formes de coexistences, voire de survie que l'on pense encore possibles, si ce n'est désirables. Cette séance du Laboratoire du temps qui passe au Théâtre de la Cité Universitaire Internationale est une occasion pour évoquer cette écologie du lieu, cette habitabilité que nous avons à cœur de cultiver dans nos démarches et qui fait place à l'autre, qui produit du commun. Comment un espace devient il un lieu ? Et comment les pratiques peuvent produire du commun ? En quoi le rêve est une expérience du lieu et une pratique de l'avenir ? Ce sera l'occasion de réfléchir à ce qui transforme les espaces en lieux et les lieux en liens. En devenir, pourrait-on dire peut-être ? Le devenir ne passe-t-il pas par une transformation du rapport au lieu, au corps, à l'autre et au monde ? Cette séance sera une occasion de réaffirmer que le désir fait déjà lieu lui-même. Tout autant que la poésie des images oniriques, les images poèmes de Jean Marc Dupuy qui rythmeront la séance et des intermèdes qui pourront également ponctuer l'après midi par des lectures des prises de notes du public pendant l'événement, lectures des cadavres exquis réalisés sur place pendant les interventions, lectures de poèmes, de récits de rêves que chacun est invité à apporter… L'après-midi ouvrira sur la cueillette de rêves en lien avec la radio la Colifata.
Les intervenants et titres des interventions:
Camille Chamois, philosophe: Perspectivisme. Faire cohabiter des points de vue différents, Éric de Thoisy, architecte: L'architecture comme fabrique du commun, Laure Wolmark, psychanalyste: Fabriquer de l'hospitalité : lieux, réseaux et collectifs pour le soin, Sophie Wahnish, historienne: Lieu du politique dans la révolution, un lieu sacré du lien social, Hervé Mazurel, historien: L'ailleurs du rêve. L'intime, l'histoire et l'imaginaire colectif, Raphaël Gallien, historien: Recueillir les rêves indigènes. Un geste colonial., Elizabeth Serin, psychanalyste, L'expérience du rêve, entre utopies et hétérotopies. Une pratique de seuil.
CARTE BLANCHE AU THEATRE
Le 7 novembre sera ainsi une première expérimentation pour explorer ce que le théâtre peut devenir en tant que lieu d'accueil, de rencontre et de soin, et nourrir la suite de notre travail collectif avec les permanences mensuelles qui se tiendront en son coeur lors de la carte blanche donnée à Faire lieux par le Théâtre de la Cité Universitaire Internationale.
Le second volet de cette collaboration part d'un désir commun avec la Directrice du théâtre, Frédérique Aït Touati, et son équipe de questionner ce qui peut faire lieux pour les étudiants notamment pour accueillir leurs souffrances psychiques et faire lien social. Cette carte blanche prendra la forme d'une permanence un jeudi soir par mois sur 6 mois. Ces moments seront l'occasion d'interroger avec les résidents de la Cité Universitaire les manières dont le théâtre pourrait, à sa façon, faire lieu d'accueil, de liens et de soin. Un espace de rencontre, de partage et de libre écoute soutenu par une présence régulière du collectif, en compagnie de la Colifata, pour prendre soin de ce qui se dit, de ce qui ne se dit pas encore, de ce qui cherche une forme.
Venir se rencontrer, parler, poser une question, déposer un rêve, partager une expérience, et prendre le temps de rêver ensemble ce que pourrait devenir cet espace. Seront également conviées les personnes accueillies en résidence, des étudiants hors Cité Universitaire et les amis de l'association pour faire vivre ces temps de rencontre dans un climat convivial. La permanence permettra ainsi d'expérimenter et de rêver le devenir d'un tel espace, qui ne serait pas un lieu de soin à proprement parler mais un lieu où l'on prend soin. En collaboration avec des étudiants en architecture, les échanges pourraient se prolonger dans des formes dessinées de cet espace rêvé, de ce Students International Care Club. Rêver un lieu ensemble, c'est commencer à le transformer pour créer les conditions de ce commun.
Les permanences iront de novembre à mai et commenceront devant le théâtre où nous nous retrouverons pour découvrir la salle ensemble. Suivront les premières restitutions de la cueillette de rêves lors d'un week-end de printemps au théâtre. Les dates des permanences sont les Jeudi 3 décembre, Jeudi 7 janvier, Jeudi 4 février, Jeudi 4 mars, Jeudi 1er avril, jeudi 20 mai. Le rendez vous est fixé à 20h30 devant le théâtre.
Le collectif est un collectif ouvert dont les membres actuels sont:
Frédéric Amérigo, psychanalyste, Elise Andreux, infirmière dans le centre de jour de l'Adamant, Alexis Armengol, psychologue clinicien, auteur et metteur en scène, Sarah Calcine, actrice et metteuse en scène, Camille Chamois, philosophe, Victor Costa, psychologue clinicien, Joséfina de Beauroyre, architecte, Eric de Thoisy, Architecte et auteur, Jean Marc Dupuy, psychanalyste et plasticien, Marcelo Figueroa Nunez, psychologue et doctorant en philosophie, Raphaël Gallien, historien, Christophe Gougeon, producteur de films, Patricia Janody, psychanalyste, Adrien Le Bot, architecte, artiste et auteur, Hervé Mazurel, historien, Pierre François Mouraud, philosophe, traducteur et psychologue clinicien, Hessam Noghrehchi, psychanalyste, écrivain et philosophe, Alfredo Oliveira, psychologue clinicien, et l'équipe de la Radio La Colifata, Florian Opillard, chercheur en géographie, Elise Pestre, psychanalyste, Professeure à l'Université Paris Cité, Elizabeth Serin, psychanalyste et plasticienne, Olivier Tarragano, psychiatre, psychanalyste et psychodramatiste, Arnaud Vallet, cofondateur du lieu d'accueil et de soin de l'Adamant, Sophie Wahnich, historienne, Laure Wolmark, psychologue clinicienne.
contact Elizabeth Serin: lizabird@gmail.com
Crédit image Jean Marc Dupuy