
Faire Lieu
Faire Lieu
Faire lieu est un collectif né du dialogue entre psychanalystes, historiens et chercheurs en sciences sociales et de leur désir de travailler à l'intersection de leurs champs. Leur point de passe pour expérimenter et penser l'articulation de l'inconscient freudien au social historique est la question de l'accueil, de l’écoute, de l’attention portée à ce qui circule et qui construit le moment. Convaincus d'avoir de nouvelles formes de collaboration à inventer, dans des dispositifs aux un par un qui poussent aux hybridations, dans les interstices des présences, ils ont choisi de pratiquer ensemble.
La visée des projets est de saisir quelque chose de l’air du temps et de ce qui peut encore y faire lieu, y faire accueil. Le collectif travaille à l'invention d’agencements qui naissent dans la singularité de chaque rencontre et qui ouvrent des espaces autres, potentiels. Sans a priori quant aux effets cliniques d'une telle ouverture, le collectif soutient le vif désir que ces dispositifs contribuent à de nouvelles traversées et à d'autres modes d'amarrage dans la rencontre humaine autant qu’entre nos champs.
Nomade et portatif, le collectif s'adresse à la cité, à la rue ainsi qu’à des établissements curieux d'une telle recherche et qui espèrent réouvrir la question de ce qui fait accueil. Faire Lieu se propose ainsi d'intervenir dans des institutions du social, du soin et de la recherche, soit auprès des personnes reçues ou bien des équipes qui souhaiteraient relancer par là quelque chose de leurs pratiques et de leur vie institutionnelle, d'en redécouvrir l'histoire et ses récits. Le collectif vise également l'invention de dispositifs à sa façon hors institution.
Années 2025/2027: Places publiques des rêves
Dans la ligne de la cueillette des rêves de confins lancée par Hervé Mazurel et Elizabeth Serin lors des deux premiers confinements de pandémie Covid 19, et dans le contexte des élections présidentielles à venir, Faire lieu reprend sa collecte de rêves. Sur les places publiques cette fois, afin que les rêves et la poésie descendent dans les rues et que leurs récits s’y échangent, parole circulant qui réveille leur présence. Il sera également l’occasion d’essayer de saisir ce que nos rêves disent de nous dans des périodes politiquement alourdies par les questions de la haine, du rejet de l’autre, de l’objectalisation du vivant et des crises humaines et climatiques que ces politiques précipitent.
Création d’un monument aux rêves, boites à lettres, cueillettes de récits de rêves sur les places publiques, lectures, performances et publications.
Avec Frédéric Amérigo, Elise Andreux, Alexis Armengol, Sarah Calcine, Victor Costa, Raphaël Gallien, Hessam Noghrehchi, Florian Opillard, Elise Pestre, Elizabeth Serin, Arnaud Vallet.
Années 2024/2025: L'histoire des possibles
Le premier projet du collectif s'articule à l'ouvroir de potentialités dont les historiens Quentin Deluermoz et Pierre Singaravelou sont à l'initiative. La visée ici est de restituer l'agentivité historique, de faire histoire, d'en être à nouveau acteur.
L'atelier d'histoire partagée a été mis au point par Quentin Deluermoz et Pierre Singaravélou autour de l'histoire des possibles. Il est fondé sur des questions de type contrefactuel proposées par les équipes des institutions ou bien par les personnes accueillies et qu'elles souhaitent travailler.
S'ouvre alors un espace inédit, entre ce qui a lieu ou ce qui a eu lieu et ce qui pourrait advenir ou aurait pu advenir. Tous ces éléments sont en jeu, des plus loufoques aux plus sérieux. Ni « vrai », ni « faux », il s'agit d'un espace de discussion et d'interprétation, où la parole des participants peut mieux se faire entendre. Cette démarche favorise un débat démocratique, en mettant en œuvre une discussion collective où chacun peut prendre la parole, sans que les connaissances savantes soient niées, mais sans qu'elles se trouvent pour autant placées dans une position surplombante et intimidante.
Un révolutionnaire de 1789, Joseph Jacotot, a théorisé une forme de pédagogie similaire, redécouverte par Jacques Rancière dans son ouvrage Le Maître ignorant : cette pédagogie, qui postule l'égalité des intelligences, considère que l'éducation, comme la liberté, ne se donne pas, elle se conquiert. La démarche contrefactuelle induit une forme d'appropriation individuelle et collective du matériau historique et du questionnement historien.
Cet atelier sera suivi de trois séances qui permettent d'y donner suite et qui ont pour visée de laisser venir des modalités d'expression liées à l'expérience et de donner formes aux potentialités surgissant suite au débat, singulières à chacun et à chaque rencontre, dans ce renouvellement des représentations et des imaginaires.
La configuration de ces temps collectifs ira, dans son agencement premier, au plus simple, à une sorte de permanence autour d'un café et de la proposition d'échanger et de continuer à ouvrir à l'invention, aux agencements que permet le fait d'être là ensemble et de ce qui pourrait advenir, à la construction d'une situation en tant qu'elle est un « moment de la vie, concrètement et délibérément construit par l'organisation collective d'une ambiance unitaire et d'un jeu d'événements (...). La seule réussite (...) étant la réussite immédiate de son ambiance et l'augmentation constante de ses pouvoirs. » (Internationale situationniste n°1, 1958).
avec Nader Aghakhani, Alexis Armengol, Pablo Cisnéros, Quentin Deluermoz, Judith Equilbey, Raphaël Gallien, Christophe Guille, Patricia Janody, Anouche Kunth, Catherine Lemonnier, Hervé Mazurel, Catherine Perret, Violeta Salvatierra, Elizabeth Serin, Pierre Singaravélou, Graciela Torre, Bruno Vincent et Camille Zuber.
contact: lizabird@gmail.com